Fiat change de cap et relance des versions thermiques de ses voitures électriques
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Face à une demande en berne pour son modèle 500 électrique, Fiat a pris la décision inattendue de développer une version thermique. Prévu à l’origine pour être uniquement électrique lors de son lancement en 2020, ce choix stratégique met en lumière les difficultés auxquelles les constructeurs font face dans le cadre de la transition vers des véhicules électriques.
Un retour au thermique suite à des ventes décevantes
La Fiat 500 électrique, bien que présentant certaines qualités, a subi un échec commercial notable. Avec un tarif de base autour de 33 900 euros, plus du double de son prédécesseur thermique, le coût s’est révélé trop élevé pour de nombreux consommateurs. Ce phénomène fait écho à celui de la Honda e, une autre citadine électrique séduisante mais onéreuse.
En réponse, Fiat a lancé la production de pré-séries de son modèle appelé “500 Hybrid”. La production en série est prévue pour novembre 2023, avec un objectif ambitieux : atteindre 100 000 unités vendues par an. Ce retournement de situation est un signe fort du milieu complexe de transition électrique de la marque.
Adaptation technique sans transformation radicale
Les premières indications font état d’un design extérieur de la 500 inchangé par rapport au modèle électrique. L’habitacle présente un levier de vitesse manuel à six rapports, tout en maintenant l’architecture originelle du modèle électrique.
Les ajustements techniques spécifiques comprennent :
- Une calandre modifiée pour faciliter le refroidissement du moteur
- L’intégration d’une pédale d’embrayage pour la boîte manuelle
- Un système d’échappement ajusté discrètement sous le pare-chocs
- Un tableau de bord, vraisemblablement adapté aux fonctionnalités thermiques
Paradoxalement, la “500 Hybrid” pourrait ne pas être une véritable hybride, mais plutôt une micro-hybride. Cette technologie, que l’on a déjà vue sur la précédente génération, allie un petit moteur électrique à un moteur thermique pour légèrement réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2.
Des spécifications de motorisation floues
Les détails techniques n’ont pas encore été révélés par Fiat, mais les spécialistes anticipent une version modernisée du moteur trois cylindres 1.0 litre non turbo de l’ancienne famille. Ce moteur, qui fournissait 70 chevaux et intégrait déjà un système micro-hybride, risque de montrer ses limites face à cette 500, un peu plus lourde et spacieuse que son prédécesseur.
Le fait de proposer une boîte manuelle à six vitesses est nullement courant, car les hybrides avec cette configuration sont très peu fréquents. Honda est un des rares à l’avoir offert pendant quelques années avant de l’abandonner. Une option de boîte automatique pourrait être pertinente, surtout pour atteindre les objectifs de ventes élevés.
La version sportive Abarth sous la loupe
Les passionnés de performance semblent devoir se tourner vers la version Abarth électrique, avec Fiat peu enclin à remettre au goût du jour une version thermique sportive. La version actuelle de l’Abarth électrique affiche une puissance de 155 chevaux, dépassant la version standard de la 500 électrique et offrant même un bruit artificiel qui imite le son d’un moteur thermique.
Cette innovation vise à allier la performance électrique à une expérience sonore appréciée par les automobilistes sportifs. Toutefois, les puristes regretteront sans aucun doute l’absence de véritables moteurs thermiques dans les versions futures d’Abarth.
Un reflet des défis de la transition vers l’électrique
La décision de Fiat d’intégrer un moteur thermique dans un véhicule initialement entièrement électrique illustre les nombreuses adaptations que subissent actuellement divers fabricants. L’adoption plus lente que prévue des véhicules électriques combinée à des conditions économiques changeantes a amené les constructeurs à revoir leurs ambitions d’électrification.
L’Union européenne a récemment accordé un délai supplémentaire aux constructeurs pour se conformer aux nouvelles normes d’émissions, incitant les fabricants à adopter une approche plus graduale sur le chemin de l’électrification.
Pour Fiat, ce double choix – maintenir une gamme électrique tout en offrant une version thermique plus accessible – pourrait s’avérer judicieux pour soutenir des ventes stables tout en poursuivant la transformation vers les véhicules électriques. Il reste à voir comment le marché accueillera cette 500 “hybride”, qui n’était pas prévue dans les plans initiaux.
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