À partir de demain, du 9 au 11 octobre, se déroulera le Grand Prix de Singapour, qui représente la 18e épreuve du championnat du monde de Formule 1. Cette édition est particulièrement marquante puisqu’elle intégrera pour la première fois un week-end Sprint sur le tracé emblématique de Marina Bay. Malheureusement, les pilotes devront faire face à un environnement plutôt inhospitalier, car la cité-État combat depuis cinq semaines un brouillard toxique. Ce phénomène, provoqué par les vents de sud-est, transporte des fumées des feux de forêt qui ravagent actuellement les îles indonésiennes de Bornéo et de Sumatra. Ces incendies sont les plus sévères que l’archipel ait affrontés depuis plus d’une décennie, exacerbés par un épisode El Niño particulièrement intense et une sécheresse marquée.
Plus de 202 000 hectares de terre ont déjà été ravagés par les flammes cette année, exposant ainsi 12,5 millions d’individus aux fumées. Les particules fines ont franchi les frontières, touchant la Malaisie, Brunei, les Philippines et Singapour. Malgré cela, la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) a confirmé que le Grand Prix ne serait pas annulé, comme l’a déclaré jeudi 8 octobre. Elle a précisé que « les niveaux de qualité de l’air sont suivis par les autorités locales, et des mesures d’urgence adéquates sont en place ». Néanmoins, les activités en extérieur pourraient être limitées si la situation se détériore, mais la course sur piste continuera.
Course nocturne dans un air jugé « malsain »
La National Environment Agency (NEA) de Singapour, en charge de la surveillance environnementale, a partagé ses données, y compris l’indice PSI (Pollutant Standards Index), qui indique la qualité de l’air en se basant sur six polluants différents (PM2,5, PM10, ozone, dioxyde de soufre, dioxyde d’azote et monoxyde de carbone).
Actuellement, l’indice demeure dans la catégorie « malsaine » (entre 101 et 200) depuis le 4 septembre, atteignant un pic de 164 le 29 septembre dans la partie centrale de l’île. Au 6 octobre, presque toutes les régions du pays affichaient encore des chiffres alarmants : 130 au centre, 117 à l’ouest, 112 à l’est et 107 au nord. À de tels niveaux, les autorités sanitaires conseillent généralement aux citoyens de réduire leurs efforts physiques prolongés à l’extérieur.
La F1, contrairement aux idées reçues de certains critiques, répond à tous les critères d’une « activité physique » : c’est véritablement un sport. Lors des courses, les pilotes subissent des efforts cardiovasculaires intenses, et leur fréquence cardiaque peut atteindre des valeurs approchant les 160 à 170 battements par minute, avec des pics dépassant parfois les 180.
La déshydratation est également un risque majeur, les pilotes pouvant perdre plusieurs litres d’eau pendant un Grand Prix, tant les monoplaces modernes, avec leurs moteurs développant jusqu’à 1 000 chevaux, sont complexes à maîtriser. Dans de telles conditions, ils sont exposés à l’inhalation de quantités importantes d’air pollué, ce qui entraîne la pénétration de particules fines dans leur circulation sanguine.
Pour mémoire, Singapour avait déjà connu une situation similaire lors du GP de 2019, où les organisateurs avaient dû mettre en place des stations médicales additionnelles et fournir des masques N95 aux spectateurs les plus vulnérables. Cependant, la situation actuelle est bien plus complexe que celle d’il y a sept ans, le phénomène persistant déjà depuis plus d’un mois.
La FIA n’a pas fixé de seuil auquel les activités sur piste seraient stoppées, précisant simplement qu’elle suivait les recommandations des autorités de Singapour. Ainsi, les 62 tours du circuit de Marina Bay, planifiés pour dimanche à 20 heures, heure locale, devraient se dérouler sous les lumières, dans l’humidité nocturne typique de la région, tout en exposant les poumons des pilotes, des officiels, des mécaniciens et des 300 000 fans présents à des risques accrus. Apparemment, la FIA priorise la continuité du spectacle, laissant la santé des participants et spectateurs en second plan face à la rentabilité du Grand Prix.
- Le Grand Prix de F1 de Singapour se déroulera du 9 au 11 octobre dans un air classé « malsain » en raison de fumées toxiques provenant des feux de forêt en Indonésie.
- L’indice de qualité de l’air reste dans la plage malsaine, portant les autorités à recommander de réduire les efforts physiques en extérieur.
- Malgré ces conditions préoccupantes, la FIA a choisi de maintenir la course, sans seuil de suspension défini, mettant en lumière la sécurité des participants et des spectateurs.
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