Mercedes pourrait fermer deux usines en Allemagne : la menace qui révèle l’urgence des coûts

Mercedes-Benz prévient ses salariés : si les coûts de production ne reculent pas, deux sites allemands pourraient fermer. À Sindelfingen, où sont assemblés des modèles prestigieux, cette annonce donne une dimension très concrète au bras de fer autour de la compétitivité et de l’emploi industriel.
À Sindelfingen, un avertissement dans une usine emblématique
Le message a été transmis sur le site de Sindelfingen, près de Stuttgart. Ouverte en 1915, cette implantation historique emploie plus de 31 500 personnes, dont environ 19 000 dans la production. Elle assemble notamment la Classe S, la Mercedes-Maybach Classe S et l’EQS électrique.
Le lieu choisi donne du poids à l’alerte de Michael Schiebe, responsable de la production du constructeur. Il évoque la possibilité de fermer une usine d’assemblage et un site dédié aux composants de groupes motopropulseurs si aucun accord ne permet de réduire les dépenses industrielles.
La Factory 56, inaugurée en 2020 à Sindelfingen, incarne le paradoxe : cette installation moderne assemble des véhicules thermiques, hybrides rechargeables et électriques, mais son niveau d’équipement ne suffit pas à compenser des coûts jugés trop élevés. Dans l’industrie automobile, même une chaîne dernier cri doit désormais démontrer sa rentabilité.
La hausse des coûts creuse l’écart avec la Hongrie
Mercedes estime que la production en Allemagne peine à rivaliser avec celle de certaines implantations étrangères. Le constructeur a indiqué que les coûts industriels de son usine de Kecskemét, en Hongrie, étaient environ 70 % inférieurs à ceux de ses sites allemands. L’écart s’explique notamment par le coût de la main-d’œuvre.
Le groupe augmente les capacités de son usine hongroise pour y fabriquer davantage de véhicules. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large : les constructeurs cherchent à répartir leur production entre plusieurs pays européens, tout en rapprochant les volumes des marchés où les dépenses sont moindres. La crise touche d’ailleurs d’autres acteurs, comme le montre cette analyse des difficultés de Volkswagen, BMW et Mercedes.
Pour l’Allemagne, la question dépasse les murs des usines. L’automobile reste un pilier économique du pays, et chaque déplacement de production nourrit les inquiétudes autour des emplois, des fournisseurs et du savoir-faire local.
Temps de travail et productivité au cœur des négociations
Parmi les pistes discutées, la direction souhaiterait réduire le coût du travail en augmentant le temps de présence sans hausse équivalente des salaires. Un scénario évoqué ferait passer la semaine de 35 à 40 heures à rémunération inchangée. Pour les représentants des salariés, cette proposition revient à demander davantage d’efforts sans compensation financière directe.
La négociation ne se limite donc pas à quelques économies sur les lignes de montage. Mercedes cherche à transformer plus largement la structure de ses dépenses allemandes, tandis que les syndicats défendent les conditions de travail et les sites nationaux. Voici les principaux éléments connus à ce stade :
- Deux activités concernées : l’assemblage de voitures et la fabrication de composants de groupes motopropulseurs.
- Aucun site nommé : Mercedes n’a communiqué ni liste d’usines menacées ni calendrier de fermeture.
- Un objectif industriel : réduire les coûts tout en améliorant la productivité des implantations allemandes.
Cette tension s’inscrit dans un programme visant une baisse de 10 % des coûts de production d’ici 2027. Pour suivre les évolutions des modèles et des choix techniques qui accompagnent cette période, la transformation des véhicules Mercedes éclaire l’autre versant de la stratégie du groupe.
Fermeture d’usines : une menace réelle, pas une décision actée
Mercedes avait envisagé de ramener sa capacité mondiale de production de voitures particulières d’environ 2,5 millions d’unités en 2024 à 2 à 2,2 millions en 2027. Lors de la présentation de cette orientation, le constructeur disait ne pas prévoir de fermer d’usine allemande. Le discours s’est durci depuis : la fermeture figure désormais parmi les scénarios brandis dans les discussions.
Le tableau résume ce qui distingue les faits établis des pistes encore négociées :
| Point examiné | Situation connue |
|---|---|
| Sites allemands menacés | Une usine automobile et un site de composants, sans noms communiqués |
| Fermetures actées | Non, aucune décision officielle ni échéance annoncée |
| Site de Kecskemét | Coûts de production annoncés environ 70 % plus bas qu’en Allemagne |
| Objectif du groupe | Réduire les coûts de production de 10 % d’ici 2027 |
Mercedes affirme vouloir préserver ses implantations et les emplois associés en Allemagne, à condition que leur compétitivité progresse. Le résultat des échanges avec les représentants des salariés pèsera donc lourd dans la décision. La transition automobile se joue aussi dans ces arbitrages : derrière les nouveaux modèles et les investissements, l’enjeu est de savoir où leur fabrication restera viable.
Les images de Sindelfingen montrent une usine conçue pour assembler plusieurs types de motorisations, mais la flexibilité technique ne règle pas seule l’équation économique. C’est tout le défi de la stratégie industrielle allemande : moderniser les sites sans laisser filer leurs coûts.
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