L’autonomie des voitures électriques lors des grands départs : enquête sur le terrain
« Ouais mais si on allume la clim’ dans les bouchons, il n’y a plus d’autonomie ! » Ce type de réaction est courant parmi les conducteurs de voitures électriques, provenant de ceux qui n’ont jamais conduit ce type de véhicule. Les idées reçues autour de la voiture électrique sont nombreuses, mais la réalité est bien plus complexe. Pour clarifier la situation, nous avons pris la route de l’autoroute A7 un jour de grands départs en vacances et avons analysé les données de plusieurs voitures croisées en chemin. Voici nos résultats exclusifs !
Rappel technique
Une question récurrente concerne l’autonomie des voitures électriques, en particulier lors des départs en vacances d’été. Les nouveaux conducteurs ont souvent des craintes concernant l’autonomie sur autoroute et l’impact de la climatisation sur cette dernière. Cependant, il est important de rappeler que les voitures électriques sont plus performantes en conditions estivales.
Tout d’abord, il n’y a pas lieu de s’inquiéter concernant la climatisation. Contrairement au chauffage, la climatisation est plus économe en énergie. En effet, la production de chaleur dans une voiture électrique sollicite davantage l’énergie, que la climatisation soit réalisée par une résistance classique ou une pompe à chaleur. La climatisation, quant à elle, utilise le compresseur, principal consommateur d’énergie, bien plus que les autres systèmes. Nos mesures ont montré une consommation électrique de 1 à 2 kWh la première heure de fonctionnement, en fonction de la taille du véhicule et de ses équipements (la présence d’un toit vitré augmentant la consommation). Ensuite, la consommation se stabilise à un niveau plus bas.
De plus, les embouteillages réduisent considérablement la vitesse de déplacement et par conséquent la consommation. Alors que la consommation augmente avec la vitesse, une voiture électrique est plus sobre à faible vitesse dans les embouteillages, voire ne consomme rien à l’arrêt, contrairement à une voiture thermique. Mais qu’en est-il en réalité ?
Une vitesse moyenne de 58 km/h
Pour évaluer la situation, nous avons interrogé 25 conducteurs de voitures électriques sur les aires de repos lors d’un reportage en plein chassé-croisé, afin de connaître leur vitesse moyenne depuis le départ et leur consommation associée. Surprenant, plus de 75 % d’entre eux n’ont pas pu nous répondre spontanément, ne prêtant pas attention à ces données, ce qui montre que l’autonomie n’est pas une préoccupation pour ces utilisateurs.
En moyenne, nous avons observé une vitesse de 58 km/h dans ces conditions de circulation. Cela correspond à la vitesse moyenne sur une route secondaire. Ces données sont cohérentes avec les indications de Google Maps, montrant que dans les embouteillages, la vitesse n’excède pas 60 km/h.
En ce qui concerne la consommation, la moyenne relevée était de 14,1 kWh/100 km, avec la climatisation activée dans toutes les voitures interrogées. Plus précisément, une Peugeot e-208 affichait une consommation de 12,4 kWh/100 km, tandis qu’une Renault Megane e-Tech ou une Mercedes EQE étaient respectivement à 13,9 kWh/100 km. En revanche, un Volkswagen ID.Buzz avait une consommation de 17,5 kWh/100 km. À titre de comparaison, à une vitesse constante de 130 km/h, le van allemand consommait 32,7 kWh/100 km !
Autonomie de notre Volkswagen ID.7
Il est difficile d’établir une consommation moyenne représentative en raison des conditions de conduite, des habitudes de conduite et des spécificités des véhicules. À une vitesse équivalente, les ralentissements sont moins énergivores que les arrêts et redémarrages fréquents. Ainsi, nous avons analysé les données de notre Volkswagen ID.7 lors d’un essai longue durée cet été. En milieu de journée, dans un trafic congestionné, nous avons enregistré une consommation moyenne de 14,2 kWh/100 km pour une vitesse de 62 km/h. Dans ces conditions, la berline allemande pourrait parcourir près de 530 km avant de nécessiter une recharge.
En fin de journée, avec un trafic plus fluide et la possibilité de rouler à des vitesses conformes aux limitations, la consommation totale était de 15,5 kWh/100 km, pour une vitesse moyenne de 71 km/h. Dans ces conditions, avec une température extérieure de 35 °C et la climatisation réglée à 20 °C en permanence (plus de 25 °C à l’intérieur selon nos sondes), la berline a réussi à parcourir facilement les 480 km de notre trajet.
L’autonomie sur la route des vacances
Cette étude sur le terrain n’a pas pour but d’être absolue, car de nombreux facteurs influent sur la consommation. Cependant, elle offre un aperçu de la réalité des vitesses moyennes sur autoroute lors des grands départs, et démontre que l’utilisation de la climatisation n’a pas un impact négatif significatif sur l’autonomie. Ainsi, n’hésitez pas à activer la climatisation lors de vos trajets estivaux, vous arriverez à destination sans souci !
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