Un étrange mastodonte sur les routes
Mesurant 60 centimètres de hauteur, cette imposante structure routière transforme chaque passage en véritable attraction, suscitant l’inquiétude des automobilistes qui redoutent des dégâts à leur véhicule.
Découverte d’une curiosité médiatique
Au cours du dernier week-end, le public français a eu vent d’un phénomène étrange baptisé « le plus gros dos d’âne du monde ». Une vidéo postée sur TikTok a connu un véritable engouement, récoltant rapidement plus de 126 000 likes. L’auteur de cette publication résume la situation avec humour : « Regarde ce dos d’âne, un monstre dont tu n’as jamais eu idée. »
@naomi.pinelli Quand le responsable des routes se méprend entre mètres et centimètres 😭 #cotedazur #dosdane #voiture
♬ son original – Naomi Pinelli
Une structure défiant les normes de sécurité
Localisée entre Golfe-Juan et Juan-les-Pins, cette installation mesure 60 centimètres de hauteur pour environ dix mètres de longueur. À titre de comparaison, un ralentisseur standard ne devrait pas excéder 10 centimètres de hauteur, ce qui fait de cet obstacle une dérogation à la réglementation en vigueur, un écart de six fois la norme légale.
Kévin Luciano, le maire de Vallauris-Golfe-Juan, insiste sur le fait que son « autopont » respecte une pente « inférieure à 10 % ». Pourtant, sur le terrain, les cyclistes réagissent en plaisantant sur le risque de s’envoler, tandis que les voitures à châssis bas hésitent fortement avant de s’aventurer sur cet obstacle.
Rapidement, l’association Action collective contre les ralentisseurs dangereux de Grasse a exprimé ses inquiétudes : « Cette installation met en danger la vie d’autrui ». Cet organisme justifie son alarme car, selon les lois françaises, ce dos d’âne est manifestement en infraction.
Le maire a lui-même admis avoir eu « des doutes » concernant le caractère dangereux de son arrangement.
Une solution temporaire révélatrice d’un problème plus grave
Ce sujet de discorde met en lumière un véritable fiasco au niveau des infrastructures. En août dernier, une fuite sur le réseau d’eau de la SNCF a révélé l’état alarmant du tunnel sous cette route. Le béton était gravement endommagé, et les poutres métalliques affichaient des signes inquiétants de corrosion. Un effondrement semblait imminent.
Afin d’éviter des travaux de réparation coûteux, estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros, Kévin Luciano a choisi cette solution rapide. Son objectif principal était de rétablir la circulation avant le début de la saison touristique, même au prix d’une structure qui transforme chaque passage en numéro d’équilibre.
La circulation alternée avait persisté durant dix mois avant que ce monstre routier soit mis en place. Les habitants, excédés par la congestion, ne s’attendaient probablement pas à une telle solution, ressemblant plus à une rampe de skateboard qu’à un simple ralentisseur.
Le maire défend vigoureusement sa décision, s’en prenant à ceux qu’il appelle des « intellectuels de Facebook sans emploi » qui critiquent ses choix.
La municipalité a même installé un panneau indiquant « dos d’âne » à côté de cette structure. Cela suggère qu’il s’agit d’un aveu tacite de l’illégalité de ce prétendu « autopont », diplomatiquement déguisé en ralentisseur.
La mairie reconnaît que ce dispositif est temporaire. Les véritables travaux de réparation auront lieu une fois la saison touristique terminée. En attendant, les automobilistes doivent composer avec cette anomalie routière qui transforme leur parcours quotidien en véritable défi.
Les réseaux sociaux continueront sans doute à se moquer de ce « dos d’éléphant » de Golfe-Juan.
- Un dos d’âne de 60 cm installé à Golfe-Juan dépasse six fois la hauteur autorisée des ralentisseurs en France.
- Cette structure illégale peut provoquer des chocs violents et met en péril la sécurité des usagers, pointent les associations de sécurité routière.
- Le maire justifie ce choix de fortune pour éviter des travaux onéreux et rouvrir la circulation avant la haute saison touristique.
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