Stellantis a décidé de mettre un terme à son projet d’hydrogène, une annonce qui surprend, surtout quand on considère que le constructeur est à la fois un actionnaire et un client majeur de l’entreprise spécialisée, Symbio.
Récemment, BMW a souligné que bannir certaines alternatives comme l’hydrogène ou les carburants synthétiques serait une erreur stratégique pour l’avenir du secteur automobile. En dépit de ces réflexions, Stellantis a annoncé l’arrêt de son programme dédié à la technologie de piles à hydrogène. La production de série des utilitaires Stellantis Pro One à hydrogène dans les usines d’Hordain, en France, et de Gliwice, en Pologne, est donc suspendue.
Stellantis annonce l’arrêt de son programme de développement de piles à hydrogène
Le réseau de stations de ravitaillement en hydrogène étant encore inadapté, couplé aux coûts d’investissement élevés ainsi qu’à la nécessité de proposer des incitations attractives pour convaincre les clients, le groupe, récemment dirigé par l’italien Antonio Filosa, ne s’attend pas à un développement significatif des utilitaires à hydrogène avant la fin de cette décennie.
En conséquence, le lancement de la nouvelle gamme de véhicules Pro One à hydrogène, prévu pour cette année, ne se matérialisera pas. La fabrication, qui devait commencer cet été à Hordain pour les utilitaires de taille moyenne et à Gliwice pour ceux de grande taille, était initialement prévue pour dépasser les 10 000 vans à hydrogène dès 2023.
Jean-Philippe Imparato, Directeur des opérations pour l’Europe élargie, a déclaré : « Dans un contexte où l’entreprise s’efforce de se conformer aux exigences réglementaires européennes en matière de CO2, Stellantis a décidé de mettre un terme à son programme de développement de la technologie à hydrogène.«
Malgré cette décision, Stellantis assure que cela n’affectera pas l’emploi dans ses usines, et que les activités de recherche et développement en lien avec l’hydrogène seront redirigées vers d’autres initiatives.

Cette décision fait bien entendu les frais de la start-up Symbio, qui se voit ainsi affectée. Stellantis, avec ses parts de 33% aux côtés de Michelin et de l’équipementier Forvia, pourrait ainsi freiner certaines ambitions dans le domaine de l’hydrogène.
Il est à noter que Symbio a lancé en 2023 son projet SymphonHy, qui vise à créer le plus grand site de production de piles à hydrogène en Europe, situé à Saint-Fons près de Lyon. Michelin et Forvia ont exprimé leurs inquiétudes face aux répercussions potentielles de cette annonce sur les 590 employés de Symbio en France et les 50 basés à l’international.
Rappelons que Stellantis affronte déjà des difficultés depuis un certain temps, en particulier avec l’affaire liée à son moteur PureTech. Les récents rappels massifs concernant le moteur 1.2 PureTech pourraient être suivis par des rappels pour son successeur, le 1.2 turbo essence, impliquant plus de 200 000 véhicules dans les semaines à venir.
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