Avec son assemblage désormais localisé en Europe, la Dolphin Surf de BYD sera la première de la marque à profiter d’un bonus écologique en France. Proposée à partir de 19 990 euros, son tarif peut être réduit à 13 990 euros grâce à cette aide. Nous avons eu l’occasion de l’essayer.
Sommaire
Avec une longueur de 3,99 mètres, BYD présente sa première citadine électrique sur le marché français. Pour 2026, la Dolphin Surf voit sa production relocalisée dans une nouvelle usine en Hongrie, ce qui pourrait rendre éligible le modèle au bonus écologique pour les futurs acheteurs, avec un prix qui pourrait descendre jusqu’à 13 990 euros. Ce tarif rend la voiture très compétitive, surtout face à des modèles comme la Citroën ë-C3. En revanche, la Dacia Spring, fabriquée en Chine, n’est plus éligible au bonus, tandis que Renault retarde la vente de sa R5 E-Tech sous les 20 000 euros.
Presse-citron a enfin pu essayer cette voiture, dont les premières livraisons se sont déroulées à partir de mai 2025. Ce contexte est idéal, avec la relocalisation de la production européenne. La Dolphin Surf rencontre également de nouveaux concurrents, y compris des véhicules de sa propre gamme, comme l’Atto 2, un petit SUV urbain disponible en versions électrique et hybride DM-i, avec une autonomie pouvant atteindre 1 000 km. En somme, cette petite citadine amusante, surtout dans la couleur de notre modèle d’essai, mérite-t-elle votre attention ?

Trois niveaux de finition et deux batteries
Essai de la version Confort
Lors de notre essai, nous avons conduit la Dolphin Surf à travers la ville et sur une distance d’environ cent kilomètres. Nous avons testé la version haut de gamme, appelée Confort, qui dispose d’une batterie de 43,2 kWh, bien plus performante que celle de 30 kWh disponible sur la version de base, offrant une autonomie maximale de 200 kilomètres. Cette version Confort est affichée à 25 990 euros et bénéficie de davantage d’équipements par rapport à la version Boost, qui, bien qu’offrant la même batterie de 43,2 kWh, propose un moteur moins puissant de 88 ch au lieu de 156 ch.
La finition Confort se distingue grâce à son équipement supérieur, intégrant une caméra à 360 degrés, des sièges chauffants et des phares en LED. Au sommet de la console centrale, le chargeur sans fil facilite le dépôt du smartphone, tandis qu’un système audio amélioré garantit une expérience d’écoute enrichissante. Avec son moteur de 156 ch et sa batterie de 43,2 kWh, la Dolphin Surf en version Confort a une autonomie légèrement inférieure à la version Boost, avec des chiffres de 310 contre 320 kilomètres en théorie.

Les équipements disponibles
La version d’entrée de gamme de la BYD Dolphin Surf propose de série un régulateur de vitesse adaptatif, un système d’assistance au maintien de voie et une caméra de recul, couplée à des capteurs de distance. Les passagers peuvent également profiter de la climatisation et d’un écran tactile de 10,1 pouces rotatif, tout en bénéficiant d’une sellerie en similicuir. En revanche, l’absence d’essuie-glaces automatiques et de sièges électriques ne se fera sentir qu’à partir de la finition Boost.
Confort et habitabilité
Pour 4 passagers
Avec ses 3,99 m, la BYD Dolphin Surf se compare à la Citroën ë-C3 qui mesure 4,01 m ou à la Fiat Grande Panda, également à 3,99 m. Ses concurrentes sont généralement plus compactes, comme la Renault R5 à 3,92 m, la Dacia Spring à 3,70 m et la Leapmotor T03 à 3,62 m. Bien que la Dolphin Surf soit étroite et agile, elle propose un habitacle plutôt spacieux, tant pour les sièges avant que pour ceux à l’arrière, offrant un bon espace pour les jambes et la tête. Néanmoins, il est important de noter que la voiture ne dispose que de deux sièges arrière, ne permettant pas d’accueillir trois passagers.


Bien que les sièges avant soient confortables, ils présentent un défaut notable en matière de visibilité : leur épaisseur compromet la vue vers l’avant. De plus, la capacité du coffre est limitée à 308 litres, ce qui place la Dolphin Surf au même niveau que la Dacia Spring. La Citroën ë-C3 souffre du même problème, car elle favorise le confort. En revanche, d’autres modèles comme la Fiat Grande Panda (361 litres) et la Renault R5 E-Tech (326 litres) affichent une contenance supérieure.


Facilité d’utilisation
La qualité perçue à l’intérieur est meilleure que ce que l’on pourrait attendre d’une voiture à bon rapport qualité-prix, malgré la présence de plastiques durs. Contrairement à l’extérieur qui affiche un design particulier, l’habitacle semble avoir profité de soins particuliers pour un usage en milieu urbain (espace pour le téléphone, position des pédales). Certains pourraient toutefois regretter l’absence de couleurs vives ou d’éléments esthétiques, BYD privilégie la fonction à la forme.


La console centrale, pratique pour laisser son téléphone, est également un avantage pour les longs trajets (support pour la jambe droite). Elle offre aussi un appui pour le coude pour le conducteur et le passager. Les sièges avant possèdent des dossiers qui enveloppent bien, et le modèle Confort offre des sièges électriques et chauffants. Cependant, leurs assises manquent de confort par rapport à d’autres modèles, comme le ë-C3 de Citroën.
Problèmes liés aux commandes et à l’écran
La planche de bord minimaliste de la BYD Dolphin Surf inclut quelques boutons physiques, placés sous l’écran. Des raccourcis pour le désembuage, les modes de conduite et les feux de détresse sont présents, avec le bouton de volume sur le volant à droite. Malheureusement, ce dernier laisse à désirer en matière de qualité, ne donnant pas une impression de durabilité. Le sélecteur de vitesse est quant à lui plus réussi.
Les autres contrôles se font via un écran de 10,1 pouces, qui manque de définition et de réactivité. Les utilisateurs devront rapidement se tourner vers CarPlay ou Android Auto pour une interface plus intuitive. L’ergonomie laisse ici à désirer, avec des raccourcis peu pratiques pour des fonctions comme la climatisation.

Derrière le volant, un petit écran rectangulaire affiche uniquement des indications basiques sur la conduite (vitesse, reconnaissance des panneaux, avertissements, consommation). Il n’inclut pas d’informations de navigation, et l’esthétique de cet affichage est loin d’être flatteuse.
Technologies et équipements
Caméra de surveillance
BYD réserve la Dolphin Surf pour le marché européen, contrairement à sa dénomination Seagull en Chine et Dolphin Mini en Amérique du Sud. En effet, la version destinée à l’Europe représente une adaptation de son modèle chinois, et cela se traduit par un dispositif de surveillance accru. Dès le démarrage, la caméra orientée vers le conducteur doit être rapidement désactivée, car elle se déclenche toutes les minutes avec des alertes qui peuvent devenir intrusives.


Une climatisation automatique, mais non précise
Sur la version Confort, malgré ses équipements avancés, la climatisation automatique permet uniquement de régler la température par plages, sans choix précis. Les conducteur et passagers ne pourront que demander une augmentation ou abaissement de la température, rendant les ajustements peu pratiques. Un système classique pourrait ici s’avérer plus judicieux.
Écran rotatif
L’interface de l’écran tactile illustre les problèmes déjà évoqués : les menus sont nombreux et la réactivité laisse à désirer, davantage que sur des modèles tels que la Seal 6. BYD a tenté d’innover avec un écran rotatif permettant le passage en mode portrait, mais cette fonction est inopérable lorsque la voiture est connectée à un iPhone via CarPlay. Malgré son emplacement sur le volant, la fonctionnalité reste donc largement inutile.

Cependant, la Dolphin Surf propose un bon système audio pour son segment, ainsi que des caméras de recul à 360 degrés d’excellente qualité, permettant une estimation précise des distances avant un obstacle. Ce système de contrôle s’avère très efficace et facilite les manœuvres, surpassant souvent les offres de nombreux constructeurs européens, qui souffrent encore de limitations de processeurs.

Sur la route
Agilité et confort
Sur la route, la BYD Dolphin Surf s’est révélée très accueillante. Équipée de son moteur délivrant 156 ch, elle ne pèse que 1 390 kg, ce qui la rend énergique, avec un couple instantané offrant une accélération impressionnante. En ville, son agilité est bien ressentie, et elle conserve une dynamique agréable lors des déplacements en périphérie.
Bien que les autres versions soient dotées d’un moteur moins puissant, elles profitent également d’un bon confort de conduite. L’absorption des irrégularités de la chaussée a été remarquablement bien gérée lors de notre essai, et la qualité de conduite reste satisfaisante même à des vitesses plus élevées.

La pédale de frein s’est également comportée de manière satisfaisante. Elle permet de reproduire une sensation de freinage naturelle, en évitant la gêne souvent ressentie dans les véhicules électriques. Les phases de freinage sont douces en ville, et il est agréable de passer de l’accélérateur au frein sans effort. Un système de freinage régénératif peut être activé, mais nécessite un réglage préalable.
Visibilité limitée
À des vitesses plus élevées, la légèreté de la voiture se fait ressentir, mais elle ne manque pas de confort pour de longs trajets, rendu plus agréable grâce à un espace arrière bien aménagé. Toutefois, seuls 4 passagers peuvent être accueillis, et les sièges avant obstruent légèrement la vue, ce qui peut être gênant pour les passagers en arrière.

Bien que agile et confortable, la BYD Dolphin Surf présente un problème de visibilité à haute vitesse, principalement dû à la conception de son architecture. Les gros montants C mêlés à une carrosserie plus haute ajoutent des obstacles à une bonne visibilité arrière, particulièrement en ville où les manœuvres fréquentes exigent un regard constant sur les angles morts.
Consommation et autonomie
Autonomie de 260 km en usage mixte, 170 km sur autoroute
Un aspect crucial de notre essai concerne l’autonomie réelle de la BYD Dolphin Surf. Les utilisateurs pourront-ils effectivement atteindre les 320 km promis par le modèle avec la batterie de 43,2 kWh, par rapport aux 200 km annoncés pour la version entrée de gamme avec la batterie de 30 kWh ? En réalité, l’autonomie se situera entre 260 et 280 kilomètres en usage mixte sur routes secondaires, là où la conduite se fait autour de 50 à 80 km/h.
En milieu urbain, bien que ce soit l’environnement optimal pour une voiture électrique, la consommation pourrait rapidement grimper à cause des performances du moteur de 156 ch. Anticipé entre 13 et 15 kWh/100 km pendant l’hiver, l’autonomie en autoroute sera réduite à 170 km, en raison d’un accroissement notable de la consommation à plus de 24 kWh.

Recharge rapide difficile en hiver
BYD utilise ses batteries Blade, qui se composent de cellules LFP, sensibles aux variations de température. Cela impacte la capacité de recharge, surtout en hiver. Bien que la Dolphin Surf propose la recharge rapide en courant continu, nous avons rencontré des limites de puissance lors de deux essais en plein hiver, où nous n’avons pas pu dépasser 40 kW, là où BYD promet jusqu’à 85 kW.
Avec des conditions plus favorables, on pourrait escompter des temps de 30 à 80 % de recharge entre 22 et 25 minutes, et un 10-80 % sous 30 minutes. En hiver, ces chiffres deviennent plus longs, atteignant parfois plus d’une heure. Ces performances, bien que moyennes, positionnent la voiture favorablement face à des concurrents comme Dacia, qui peine avec une recharge rapide de 30 kW.
Les clients de la batterie de 30 kWh bénéficieront d’une recharge rapide à 65 kW. Sur prise de type 2 triphasée, le temps de recharge est évalué à 5 heures pour la version de 43,2 kWh et 3 heures pour celle de 30 kWh.
Il est à noter que le port de recharge de la BYD Dolphin Surf se situe à l’avant, côté passager, un détail non négligeable dans le choix de la place de stationnement dans les stations de recharge, souvent conçues pour des ports à l’arrière côté conducteur.

Bilan : une Dolphin Surf à considérer en version Confort avec le bonus écologique
Depuis son lancement il y a un an, la BYD Dolphin Surf attire de nouveau l’attention avec une production qui viendra bientôt d’Europe. Grâce à ce déménagement, la citadine électrique pourra prétendre au bonus écologique, ce qui peut amener son tarif à 13 990 euros après réduction, offrant ainsi une offre quasi imbattable. Même la version la plus onéreuse, Confort, devrait se situer sous la barre des 20 000 euros, facilitant l’accès à la batterie de 43,2 kWh et au moteur de 156 ch.
Les clients découvriront une citadine agile et confortable, idéale pour la circulation urbaine, mais également efficace sur des trajets périurbains sans subir une trop grande baisse de son autonomie. On doit cette capacité au moteur de 156 ch, indisponible sur les niveaux de finition inférieurs, ce qui souligne l’importance d’attendre que le modèle soit validé pour le bonus écologique. La batterie de 43,2 kWh est la seule offrant la polyvalence nécessaire pour un usage quotidien.
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