Hugo, un utilisateur assidu d’une voiture électrique, s’efforce de motiver son entreprise à passer de l’hybride rechargeable à l’électrique. Il ne recule devant rien pour parcourir jusqu’à 1 600 km en une seule journée avec sa Kia EV6.
Trois voitures électriques dans la famille
Hugo est l’un des lecteurs de notre site. Après avoir lu ses commentaires éclairés, nous avons sollicité son expérience. C’est grâce à sa fille et à son gendre qu’il a fait le saut vers un véhicule électrique en décembre 2023 : « Ma fille a une Hyundai Ioniq 5 et son mari conduit une MG4 Luxury. Ils ont reçu leurs voitures presqu’en même temps, ce qui fera bientôt trois ans. ».
Cette transition a eu lieu après un léger imprévu : « Ils avaient tous deux des BMW. Lorsqu’ils ont commandé leur Ioniq 5, le concessionnaire leur a parlé d’un délai assez long. Ainsi, ils ont décidé de changer leur autre véhicule pour une MG4, disponible bien plus rapidement. Finalement, l’attente pour la Hyundai s’est réduite, et ils ont été appelés le même jour pour récupérer leurs voitures. ».
Au sein du couple, leurs opinions divergent concernant l’électromobilité : « Ma fille ne souhaite plus conduire que des véhicules électriques pour ses trajets quotidiens. Mon gendre, avec une distance de seulement dix kilomètres à parcourir, a des doutes sur la MG4, surtout sur son comportement par temps humide ou neigeux. ».
Mercedes ne veut pas lui vendre une électrique
Être entouré de personnes utilisant des véhicules électriques aide à envisager cette option soi-même. Hugo affirme : « J’ai pu observer leur quotidien avec un EV. Il y a neuf ans, j’avais déjà eu l’occasion de conduire une Tesla Model S en France. À l’époque, cela m’intéressait à peine. J’ai ensuite commencé à étudier quelques modèles pour mes trajets quotidiens. ».
C’est ce qui l’a amené à visiter une concession Mercedes : « L’EQC 400 a été un véritable détonateur pour moi. Je suis un client fidèle de cette marque et je connais bien l’équipe de la concession. Lorsque j’ai exprimé mon souhait de passer à un VE, le responsable a tout fait pour me persuader d’opter pour une hybride rechargeable, en argumentant qu’acheter un véhicule électrique était une erreur. Pourtant, des modèles sont bien exposés dans la concession. ».
Hugo connaît déjà la technologie PHEV : « Actuellement, je conduis une Kia Ceed break hybride rechargeable pour mon travail. Pour mes besoins, elle consomme autant qu’un modèle à essence. J’ai beaucoup de trajets autoroutiers à faire. En été, j’obtiens 50 km d’autonomie à 70 km/h max ; en hiver, c’est réduit à 36 km. Je ne comprends vraiment pas pourquoi le directeur de la concession m’a orienté vers une hybride rechargeable. ».
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5 000 euros d’économies par an
Désormais, Hugo ne se rend plus chez Mercedes : « Je suis persuadé de ne pas être le seul à quitter cette marque suite à une telle attitude. En partant de la concession, je suis passé devant Kia. Cinq EV6 venaient d’arriver par camion. Quatre étaient déjà réservées, et la cinquième devait être exposée. J’ai contacté ma femme, lui ai envoyé des photos. Surprise qu’il ne s’agisse pas d’une Mercedes, elle a tout de suite accepté que je prenne l’EV6. ».
Depuis décembre 2023, il a pu mesurer les économies réalisées avec sa nouvelle voiture électrique : « Comparé à ma Mercedes C220 CDI, je pense économiser environ 5 000 euros par an, dont 4 728 euros pour la première année. Pour la Mercedes, je dépensais environ 400 euros de carburant par mois, tandis que je dépense entre 70 et 100 euros d’électricité en rechargeant chez moi via un contrat Engie adapté. Je vais également économiser sur l’entretien et les impôts. ».
Fait intéressant, il a acquis sa voiture électrique à un prix inférieur, sans aucune subvention : « J’ai payé ma Mercedes 52 000 euros. Avec les options, ma Kia EV6 m’a coûté 47 500 euros. Au bout de cinq ou six ans, je suis convaincu que je réaliserai de grandes économies en optant pour l’électrique. ».
Jusqu’à 1 600 km en une journée
L’autonomie dépend de l’utilisateur de l’EV6 : « Ma femme parcourt généralement 180 km en une journée. Pour moi, c’est environ 40 km par jour, sauf un jour où j’ai dû faire 250 km. Je gagne du temps en évitant les arrêts pour faire le plein, car je charge la nuit chez moi. Il y a bien une borne à mon entreprise, mais elle sert six voitures. Quand je lis que l’électrique ne convient pas à tout le monde, je ne comprends pas vraiment le problème, surtout si l’on peut se recharger chez soi. ».
Il a le même ressenti pour les trajets longs : « Pour nous rendre en Croatie où nous allons souvent, nous faisons 1 600 km en une journée, partant à 2 h 00 et arrivant entre 20 h 00 et 21 h 00. C’est exactement comme avant avec notre véhicule thermique. Nous faisons des pauses toutes les deux heures, donc pas d’arrêt imprévu. Pendant que nous prenons le temps de faire une pause, la voiture se recharge et nous ne perdons pas de temps ni à faire le plein ni à attendre dans une station-service. ».
L’EV6 présente un avantage considérable pour les longs trajets : « Avec son architecture à 800 V, elle permet une recharge rapide. Après dix-huit minutes, nous pouvons repartir. Lors de nos voyages, je la branche aussi bien sur des bornes Ionity, Tesla que chez des opérateurs locaux comme Elen en Croatie. En Autriche, c’est un peu plus délicat qu’en Allemagne, mais en Slovénie et en Croatie, il y a suffisamment de bornes disponibles et peu utilisées. ».
Flotte d’entreprise
Séduit par l’électromobilité, Hugo aspire à convaincre son employeur et ses collègues : « Je suis responsable du renouvellement des véhicules dans notre société. En Belgique, d’un point de vue fiscal, une voiture électrique est plus attrayante pour les particuliers, avec une déductibilité de 100 %, contre 50 % pour les thermiques, en fonction de plusieurs critères. En revanche, pour les utilitaires, que ce soit diesel ou électrique, le taux maximal s’applique. ».
Il doit déjà convaincre son dirigeant : « Je discute avec certains collègues qui refusent d’entendre parler de véhicules électriques, alors qu’ils ne s’y connaissent pas. Mon patron roule actuellement en hybride rechargeable, malgré les nombreux amis qui possèdent des Tesla. J’ai partagé mes relevés d’économies avec lui, mais à 77 ans, il n’est pas convaincu par l’électrique. Je pense que lorsqu’un premier VE arrivera dans l’entreprise cette année, sa perspective changera. ».
La flotte automobile de l’entreprise est modeste : « Nous avons douze véhicules, principalement des Peugeot. Le patron souhaite que nous développions un partenariat avec Kia, dont le garage est à proximité. Cette année, nous prévoyons de remplacer plusieurs 508 et 5008, et nous devrions bientôt accueillir un EV9 pour le directeur technique, ainsi que deux EV6 et quelques EV3 Business 81,4 kWh bien équipées. J’ai déjà testé le dernier modèle, il est très confortable, bien que le coffre soit un peu petit. J’espère que Kia proposera bientôt une berline plus basse, une EV4 par exemple. ».
Véhicules personnels et utilitaires
La conversion de toute la flotte vers l’électrique devrait se réaliser rapidement : « Dans un délai de deux ans au maximum, toutes les voitures devraient être équipaées de batteries. Un seul utilisateur envisage un VE s’il se voit en recevoir un. Pour les autres, je constate une réelle absence de motivation. Parmi les plus sceptiques, un collègue qui a une Peugeot 508 refuse un véhicule électrique en arguant qu’il n’aurait pas suffisamment de puissance pour tracter occasionnellement une remorque, malgré le fait qu’il s’agit d’un véhicule de société. ».
En Belgique, la situation des voitures de société est assez particulière : « Celles-ci sont une sorte de complément déguisé de salaire, expliquant leur nombre important. Avec une fiscalité avantageuse pour l’électrique, nous observons une adoption croissante de véhicules à batterie. Dommage, toutefois, qu’il n’existe aucun soutien pour encourager les particuliers à passer à l’électromobilité. Les concessionnaires devraient s’engager davantage pour permettre aux consommateurs d’essayer leurs modèles électriques. ».
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Et qu’en est-il des véhicules utilitaires ? « Le défi avec les camionnettes réside dans le fait que les ouvriers les emportent chez eux. J’avais proposé d’installer des bornes de recharge, mais cela peut s’avérer compliqué. Nous allons donc continuer à utiliser le diesel un moment. Cela dit, nous organiserons un essai dans deux ans avec un véhicule qui circule localement. Une recharge par semaine devrait suffire. Nous envisageons Peugeot, Ford, ou autre chose pour les utilitaires, mais cela se fera via un appel d’offres. ».
Nous tenons à remercier sincèrement Hugo pour son hospitalité, sa disponibilité, et son précieux témoignage.
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L’avis de l’auteur
Le premier point concerne l’accès à la recharge, qui n’est pas toujours évident. Avoir la possibilité de se brancher chez soi avec un tarif avantageux permet de réaliser de réelles économies. Sur une année, cela peut se chiffrer en milliers d’euros, influençant ainsi le budget quotidien ou celui des vacances. Toutefois, dépendre des bornes publiques ou des opérateurs privés peut être moins économique. Néanmoins, ce type de mobilité profite à la santé publique et à l’environnement.
En ce qui concerne les ménages à revenus modestes, il serait utile d’imaginer un système où la recharge serait facturée à un tarif domestique adapté.
Deuxièmement, la remarque d’Hugo soulève la question de l’adaptabilité des voitures électriques aux besoins divers des automobilistes. Chacun doit réinventer ses habitudes de mobilité sans se cantonner à la vision traditionnelle des véhicules thermiques.
Philippe SCHWOERER
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