Volkswagen se retrouve dans une situation compliquée alors que le secteur automobile européen fait face à des défis sévères. En plus des préoccupations liées à la crise des semi-conducteurs, la marque allemande doit gérer les répercussions d’un conflit grandissant avec les États-Unis, entraînant une restriction des exportations de composants en provenance de Chine.
Les semi-conducteurs, indispensables pour assurer le fonctionnement des systèmes électroniques modernes des véhicules, sont majoritairement fournis par la Chine. L’industrie automobile est donc particulièrement vulnérable face à cette pénurie. Les tensions croissantes sur le plan commercial entre les États-Unis et la Chine menacent sérieusement l’approvisionnement de ces composants essentiels.
Après avoir traversé une période difficile suite à la crise sanitaire de Covid, les constructeurs automobiles se retrouvent à devoir gérer des négociations tendues entre Washington et Pékin. Nexperia, un acteur majeur chinois dans le domaine des semi-conducteurs, se retrouve au centre des préoccupations. Bien que son siège soit situé à Nimègue aux Pays-Bas, la majorité de sa production provient de Chine.
Une rupture d’approvisionnement imminente pour les marques allemandes
En réaction aux décisions prises par les États-Unis, la Chine a choisi de limiter fortement ses exportations de semi-conducteurs, ce qui a un impact direct sur l’Europe. D’après le quotidien allemand Bild, l’ensemble des constructeurs automobiles allemands pourrait être impacté dans un délai de 10 à 20 jours. Si cette crise devait se prolonger, un retour à la normale pourrait s’étendre sur plusieurs mois, avec des répercussions également aux États-Unis.
Face à cette situation préoccupante, l’industrie automobile allemande s’active. Selon la VDA (l’association allemande de l’industrie automobile), Nexperia a annoncé le 10 octobre une possible interruption dans l’approvisionnement en semi-conducteurs. La présidente de la VDA, Hildegard Müller, met en garde en indiquant que « cette situation pourrait conduire à d’importantes interruptions de production dans un futur proche.»
Des usines en crise : Wolfsburg, Emden, Hanovre et Zwickau sous tension
Les conséquences seront rapidement visibles chez Volkswagen, le leader du marché allemand. Ce dernier envisage de suspendre certaines lignes de production et de mettre en place un chômage partiel. La chaîne de fabrication de la Golf à Wolfsburg est la première concernée, avec une interruption de la production qui semble inéluctable. Une communication interne diffusée mercredi a déjà alerté le personnel sur une éventuelle interruption de la production à court terme.
Suite à la Golf, les modèles Tiguan, Touran et Tayron assemblés à Wolfsburg pourraient également subir des arrêts de production. Le manque de semi-conducteurs pourrait contraindre les autres marques du groupe, telles qu’Audi, Skoda, Cupra et Seat, à prendre des décisions similaires en fonction de « la rentabilité de chaque modèle. Cela affectera également d’autres sites de production de Volkswagen.
Les lignes de production d’Emden, Hanovre et Zwickau sont également en danger. Au total, des dizaines de milliers de travailleurs risquent d’être impactés directement ou indirectement par une éventuelle interruption des chaînes de montage. Bien que Volkswagen puisse envisager de se tourner vers d’autres fournisseurs de semi-conducteurs, les délais de mise en conformité pour tester de nouveaux composants compliquent la situation.
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