Il est évident que le patriotisme a ses limites.
Il est difficile d’imaginer qu’un des ateliers automobiles les plus prestigieux au monde se trouve dans la paisible commune alsacienne de Molsheim. C’est ici que sont fabriquées les Bugatti, des hypercars dont le prix excède facilement les trois millions d’euros. En 2024, il n’y a eu aucun acquéreur français pour ces véhicules de luxe, malgré leur fabrication sur le sol national.
Une entreprise française sous capitaux étrangers
Établie par l’Italien Ettore Bugatti en 1909, la marque a dès le départ choisi de s’implanter en France. Après une histoire tumultueuse qui inclut une longue période d’inactivité, elle a été relancée en 1998 par le groupe allemand Volkswagen, tout en conservant son site de production en Alsace. Depuis 2021, Bugatti est devenue une branche du groupe croate Mate Rimac, formant ainsi l’unité Bugatti-Rimac.
Malgré le changement de propriétaires, l’empreinte française demeure présente. L’assemblage d’une Bugatti Chiron nécessite environ 1 500 heures de travail artisanal dans l’atelier de Molsheim. Les artisans alsaciens préservent un savoir-faire exceptionnel, en construisant notamment le moteur W16 de 1 500 chevaux capable de dépasser les 400 km/h. La conception de cette mécanique hors du commun ne souffre d’aucune approximation.

Le fait qu’aucune vente ne soit réalisée en France en 2024 marque une baisse notoire par rapport aux années précédentes. En effet, en 2023, un acheteur français avait encore signé pour une Bugatti, et deux en 2022. Bien que ces chiffres semblent modestes, ils témoignent d’un certain intérêt des acheteurs français pour cette marque emblématique.
Pourquoi la Chiron n’a-t-elle pas trouvé preneur en France ?
La raison de cette érosion de l’intérêt français est assez claire. Le tarif exorbitant des véhicules, avec un prix de départ de 3 millions d’euros pour une Chiron standard, les rend inaccessibles à la plupart des collectionneurs français.
Actuellement, le marché des hypercars, tels que celles de Bugatti, se concentre majoritairement au Moyen-Orient, aux États-Unis et en Asie. La Chiron la plus récente produite, ne fait donc pas partie d’une collection française.
Les perspectives d’évolution de cette tendance sont faibles. L’intégralité de la gamme des cabriolets Mistral, qui sert de passerelle avant l’arrivée de la nouvelle Tourbillon prévue pour 2026, a déjà trouvé preneur.
- Aucune vente de voitures neuves en France en 2024 malgré la production à Molsheim en Alsace
- Une marque initialement italienne maintenant sous contrôle croate, après avoir été allemande
- Le prix vertigineux explique la préférence des acheteurs pour le Moyen-Orient, les USA et l’Asie
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