Des chercheurs de l’Université d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, se sont alliés à des partenaires industriels pour explorer les opportunités liées au développement d’une industrie des batteries solides en Europe. Ils ont aussi mis en évidence des secteurs clés à prioriser, bien que la Chine ait déjà une avance marquée dans ce domaine.
Un marché à 550 milliards d’euros en 2035
Les chercheurs suggèrent l’établissement d’une plateforme européenne similaire à la CASIP (China All-Solid State Battery Innovation Platform), qui regroupe des fabricants chinois de batteries et de véhicules. Créée en 2024 à l’initiative du gouvernement de Pékin, cette alliance vise à faciliter la mise sur le marché des batteries solides. Les experts estiment que l’Europe a encore des chances de jouer un rôle central dans cette compétition.
Selon le professeur Achim Kampker, responsable du PEM (Production Engineering of E-Mobility Components), le secteur des batteries à l’état solide pourrait atteindre une capacité de 1 200 GWh d’ici à 2035. En termes économiques, les revenus générés pourraient frôler les 550 milliards d’euros. Pour capter une part significative de ce marché en pleine expansion, les fabricants européens devront « innover sans tarder » et « se positionner comme des acteurs clés » dans ce domaine.
Quels sont les domaines prioritaires ?
Les études menées par ces chercheurs ont permis d’identifier plusieurs axes prioritaires, parmi lesquels figure la production « de couches minces et denses pour les électrolytes solides et le lithium métal ». Ils ont également souligné l’importance de concevoir des électrodes « avec une conduction ionique optimale ». Par ailleurs, il a été constaté que « les procédés de traitement thermique doivent être ajustés, particulièrement pour les électrolytes à base de céramique ».
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Les chercheurs insistent sur la nécessité d’adopter « un procédé de fabrication sur-mesure » pour ces nouveaux formats de batteries. En effet, environ 60 % des méthodes de production actuellement en vigueur devront être réinventées pour répondre à la demande à grande échelle. Cependant, la Chine, par exemple, avance rapidement ; la société CATL a déjà débuté les étapes finales de pré-production pour des cellules solides offrant une densité énergétique de 500 Wh/kg.
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