Une révélation inattendue vient de la directrice générale de Dacia, Katrin Adt, lors d’un échange avec le magazine britannique Autocar. Selon ses dires, la fonction la plus fréquemment utilisée dans les véhicules Dacia n’est pas liée au volume de la musique ni à la climatisation. Ce célèbre « bouton magique », comme il est appelés en interne, a pour tâche d’éteindre les alertes sonores des systèmes d’assistance à la conduite d’un simple geste. Vous savez, ces « bip bip » parfois insupportables ? 🚗🔕
Cette déclaration soulève des interrogations, car les conducteurs semblent avoir une relation ambivalente avec les aides à la conduite. Bien que ces technologies soient conçues pour améliorer la sécurité, elles peuvent également devenir une source de frustration au quotidien. Que ce soit à cause des alertes de dépassement de vitesse, des interventions de correction de trajectoire qui se manifestent par des bruits désagréables, ou encore des freinages brusques en réaction à des obstacles invisibles, ces systèmes peuvent générer plus de stress que d’aide.
Le fonctionnement du bouton « magique »
Sur les derniers modèles du groupe Renault, le bouton se nomme My Safety. Il est souvent positionné à gauche du volant, juste en dessous du tableau de bord. Son utilisation est très intuitive : à travers l’écran central, le conducteur peut choisir les aides à conserver ou à désactiver, puis enregistrer ce paramétrage sous un profil personnalisé. Deux pressions sur le bouton permettent ensuite d’activer ce profil, que ce soit au moment du démarrage ou pendant la conduite. Cette fonctionnalité est également disponible sur les véhicules Dacia et Nissan, puisque ces marques partagent des technologies communes.
Pour autant, la législation impose une contrainte : chaque fois que le véhicule redémarre, les systèmes retournent à leurs paramètres par défaut. Le conducteur doit donc réutiliser le bouton magique pour rétablir ses préférences. 🔄
Une question de normes européennes
Renault ne déploie pas cette fonctionnalité par hasard. En effet, depuis juillet 2024, le règlement européen sur la sécurité générale des véhicules, connu sous le nom de GSR2, s’applique à toutes les nouvelles automobiles immatriculées au sein de l’Union européenne. Ce règlement introduit plusieurs systèmes obligatoires, tels que :
- Le freinage automatique d’urgence
- L’assistance au maintien de voie
- L’alerte de dépassement de vitesse basée sur les panneaux
- La détection de somnolence
- Le boîtier d’enregistrement des données d’accident
Le but de cette réglementation est de réduire le nombre d’accidents de la route. Bien que ces dispositifs aient fait preuve de leur efficacité, leur calibration soulève parfois des interrogations. Bruxelles semble consciente de ce problème, car les textes législatifs autorisent les conducteurs à désactiver certaines aides, mais uniquement pour le trajet en cours. Chaque constructeur a la liberté de rendre ce processus plus ou moins complexe, et c’est là que naissent certains défis.
En janvier 2026, la Ligue de défense des conducteurs (LDC) a réalisé une étude intéressante en examinant les 50 modèles les plus vendus en France en 2025, en se concentrant sur la facilité de désactivation des aides à la conduite.
Les marques qui intègrent les technologies du groupe Renault se distinguent en haut du classement, grâce à leur système pratique à bouton physique. À l’inverse, la LDC critique des marques comme Toyota et Suzuki, où les utilisateurs doivent parfois jongler avec des petites commandes du tableau de bord pour désactiver les aides, une à une. La LDC ne remet pas en question l’objectif de sécurité routière, mais souligne que ces systèmes sont souvent mal réglés et peu compris par les utilisateurs.
La mention du « bouton magique » par Katrin Adt revêt un enjeu important pour Dacia, dont le concept repose sur l’accessibilité des véhicules. Face à ces normes de plus en plus complexes, les marques adoptant ce modèle économique se trouvent dans une situation délicate. D’après Katrin Adt, ces exigences représentent « 25 % de notre budget de R&D et 25 % de nos ingénieurs ». Elle se demande également « si c’est réellement ce que les clients désirent et nécessitent ».
Les chiffres ne mentent pas : alors que la première Sandero coûtait 7 800 euros en 2008, la dernière version démarre désormais à 13 990 euros. Les éléments comme l’inflation et les coûts des matières premières y contribuent, mais l’électrification et les dispositifs de sécurité obligatoires pèsent également lourd dans la balance. Dacia sollicite donc la Commission européenne pour suspendre de nouvelles exigences sur les petites automobiles. Fabrice Cambolive, le directeur de Renault, évoque quant à lui un « tsunami de réglementations européennes » et demande une pause de dix ans. Pendant ce temps, les constructeurs chinois poursuivent leur avancée remarquable sur le marché européen. 🌍
- Katrin Adt, directrice de Dacia, révèle que le bouton le plus utilisé est celui qui désactive les alertes des aides à la conduite.
- La législation européenne oblige une réactivation des systèmes à chaque démarrage, rendant ce geste nécessaire à chaque fois.
- Dacia et Renault plaident pour geler les nouvelles normes, qu’ils jugent responsables de la hausse des prix. 📈
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