Le dirigeant tente d’apaiser les inquiétudes, parfois en distordant la réalité.
Depuis son retour à la présidence de Tesla, Elon Musk s’emploie à rassurer les investisseurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a réussi à redresser la situation. À l’heure actuelle, le prix de l’action de l’entreprise atteint 344 dollars, après être tombé à 222 dollars en mars dernier. Toutefois, pour gagner la confiance des actionnaires, le milliardaire n’hésite pas à présenter des affirmations qui semblent contredites par des données facilement accessibles. Voici un état des lieux.
Évitez de montrer ces chiffres décevants
Elon Musk, as Kekius Maximus, tells NPC journalist that conversing with her is like talking to a computer 🤣 pic.twitter.com/EVOJvCK4SJ
— kekius tees (@kekmaximusk) May 20, 2025
Lors d’un entretien avec la journaliste britannique Mishal Husain, Musk a montré une certaine gêne, la qualifiant de « NPC » (personnage non jouable dans les jeux vidéo). Cela constitue un manque de respect envers son interlocutrice, qui ne faisait qu’accomplir son rôle.
Le 20 mai dernier, lors du Forum économique du Qatar à Doha, il a déclaré : « Les ventes de Tesla sont robustes partout, sauf en Europe. Ce marché est notre point faible. Nos ventes se portent bien ailleurs. Nous ne prévoyons pas de réductions significatives. »
Néanmoins, comme l’indique le site spécialisé Electrek, le Vieux Continent représente effectivement un défi pour Tesla, et l’entreprise ne se porte pas aussi bien dans d’autres régions comme le prétend Musk. Les données des compagnies d’assurance chinoises révèlent que Tesla a enregistré 42 859 ventes au premier trimestre et seulement 36 440 au second, des chiffres nettement inférieurs à ceux de l’année précédente, où les ventes avaient atteint 51 574 et 48 805 unités.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que Tesla essaie d’encourager les consommateurs à acheter grâce à des prêts à 0 % entièrement financés par la société, pour les modèles Model 3 et Model Y.
Pour expliquer ses difficultés en Europe, Elon Musk a avancé : « C’est un phénomène global pour l’ensemble des constructeurs. Le marché européen est effectivement très faible. »
Cette affirmation ne correspond pas à la réalité. Selon les statistiques de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), Tesla a subi une chute de 37 % de ses ventes au premier trimestre 2025. Alors que plusieurs entreprises ont constaté des baisses, certaines, comme Volkswagen et Renault, ont enregistré des augmentations.
Les autorités saisiront-elles la balle au bond ?
Volkswagen a ainsi affiché une croissance de 5 %, tandis que le marché des véhicules électriques a connu une hausse globale de 24 % au même trimestre, contrastant avec les performances de Tesla.
Face à de telles déclarations trompeuses, il semble que ces propos pourraient enfreindre les règles de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine. En effet, ce sont des affirmations vérifiables qui pourraient induire les actionnaires de Tesla en erreur.
La question qui se pose désormais est de savoir si la SEC interviendra dans cette affaire. Le site d’information soulève une interrogation pertinente : « Serait-ce un bon test de l’intégrité des agences fédérales sous l’administration Trump ? Y a-t-il des chances que la SEC prenne des mesures contre ces allégations ou les ignore ? »
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