Une récente étude de la société Nelson met en lumière un avantage significatif des véhicules électriques dans le cadre des véhicules de fonction.
Depuis début 2025, deux changements majeurs s’appliquent aux gestionnaires de flotte : la taxe sur le verdissement et la modification des mécanismes des avantages en nature (AEN) pour les véhicules de fonction. Ces évolutions ne se contentent pas de modifier les modalités de calcul, elles restructurent également le coût total de possession des véhicules attribués aux employés, impactant ainsi la trésorerie des entreprises et la fiscalité des salariés.
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Augmentation attendue des taux pour les véhicules thermiques
La réforme a pour objectif d’augmenter les taux appliqués aux voitures à moteur thermique. Pour les véhicules de moins de cinq ans, le taux passe de 9 % à 15 % du prix d’achat. Pour ceux âgés de plus de cinq ans, il augmente de 6 % à 10 %. En cas de prise en charge du carburant par l’employeur, une majoration de 20 % est appliquée pour les véhicules récents et de 15 % pour les modèles plus anciens. Concernant les contrats de location longue durée, le calcul s’effectue maintenant sur 50 % des coûts annuels incluant entretien, assurances et loyers, contre 30 % auparavant. Si le carburant est pris en compte, ce pourcentage peut atteindre 67 %. Cette mesure vise principalement à rendre les utilisations des motorisations essence et diesel moins avantageuses.
Mesures incitatives accrues pour les véhicules électriques
La réforme maintient un abattement fiscal de 70 % sur l’avantage en nature des véhicules électriques respectant les normes éco-scores, jusqu’à un montant annuel de 4 582 €. Cet abattement était précédemment de 50 %. Seuls les modèles certifiés par l’Ademe peuvent bénéficier de cet avantage, valable jusqu’au 31 décembre 2027. En outre, les coûts engagés par l’employeur pour la recharge électrique ou l’installation de bornes de recharge sur le lieu de travail ne sont pas soumis à imposition jusqu’à cette même date.
Analyse comparative de deux modèles par Nelson
Pour évaluer les répercussions concrètes de ces changements, la société Nelson, experte en gestion de flottes, a examiné deux modèles similaires : le Peugeot 3008 à moteur thermique d’une part et le Peugeot e-3008, version électrique éco-scorée, d’autre part. L’étude se concentre sur un contrat de location longue durée d’un an, sans inclure la maintenance, tout en prenant en compte les remboursements de carburant ou d’électricité effectués par l’employeur.
Les résultats mettent en évidence un écart de coûts considérable entre les deux véhicules, et devinez lequel est le grand gagnant ?
- Peugeot 3008 thermique (essence)
- loyer en LLD : 600 € par mois (7 200 € par an)
- carburant remboursé : 2 500 € par an
- calcul de l’AEN avant réforme : (7 200 € + 2 500 €) × 40 % = 3 880 € par an (323 € par mois)
- calcul de l’AEN après réforme : (7 200 € + 2 500 €) × 67 % = 6 499 € par an (541 € par mois)
- écart annuel : + 2 619 € d’AEN
- Peugeot e-3008 électrique éco-scoré
- loyer en LLD : 700 € par mois (8 400 € par an)
- électricité remboursée : non comptabilisée
- calcul de l’AEN avant réforme : 8 400 € × 30 % × 50 % = 1 260 € par an (105 € par mois)
- calcul de l’AEN après réforme : 8 400 € × 30 % × 70 % = 1 764 € par an (147 € par mois)
- écart annuel : +504 €

Cette analyse souligne un surcoût significatif pour le modèle thermique, de l’ordre de 2 600 € supplémentaires par an, tandis que l’avantage imposable demeure constant pour le véhicule électrique.
La période de transition oblige les gestionnaires à :
- réévaluer les coefficients AEN de tous les véhicules,
- renégocier les contrats de location afin d’optimiser les loyers,
- privilégier les modèles éco-scorés ou hybrides rechargeables,
- anticiper les dépenses liées à l’installation et à la maintenance des infrastructures de recharge.
Impact et calendrier « serré » pour les entreprises et les salariés
Cette réforme, qui prend effet rétroactivement dès le 1er février 2025, contraint les entreprises à ajuster rapidement leurs contrats de location et leur stratégie de motorisation. Pour les salariés, le montant de l’avantage en nature a des répercussions directes sur les revenus imposables et les cotisations sociales. L’objectif est clair : en rendant le fiscalité sur les véhicules zéro émission plus attractive, le législateur souhaite accélérer l’électrification des flottes. Toutefois, plusieurs acteurs soulignent un calendrier serré et un manque de clarté, compliquant déjà la gestion financière et la planification du renouvellement des véhicules.
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