Le responsable du design chez Mercedes anticipe que dans une décennie, l’intelligence artificielle (IA) pourrait remplacer les designers dans l’industrie automobile. Son avis suggère que les véhicules à l’avenir seront majoritairement réalisés par des algorithmes, laissant peu de place à l’intervention humaine.
L’avenir des designers automobiles : une disparition annoncée ?
Depuis l’émergence de l’industrie automobile, les designers ont joué un rôle fondamental en apportant une distinction aux modèles et en leur attribuant une identité unique. Parmi les réalisations récentes, on peut citer le concept Type 00 de Jaguar, qui avec ses lignes audacieuses, se démarque, tout comme le fameux Tesla Cybertruck d’Elon Musk.
À l’aube de l’ère électrique, l’importance du design pourrait atteindre un nouveau sommet. Toutefois, Gordon Wagener, le chef du design chez Mercedes, exprime une vision plutôt pessimiste quant à l’avenir de sa profession. Il prédit que l’intelligence artificielle sera bientôt à même de concevoir des véhicules, reléguant le travail humain au second plan.
Les réflexions du responsable du design chez Mercedes
Cette affirmation a été formulée lors d’un événement organisé par Mercedes à Miami. Il a déclaré : « Avec l’IA, il y a un flot d’informations de mauvaises qualités à trier. Le défi est de distinguer ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas. Cependant, nous parvenons à tirer du positif, même si ce n’est qu’une infime partie ».
Selon lui, l’intelligence artificielle va transformer de manière radicale le processus de création automobile. Il anticipe que « dans dix ans, une grande partie de la conception sera contrôlée par l’IA, rendant ainsi les designers obsolètes. Mon successeur sera un algorithme, entraînant une réduction des coûts en comparaison à mon salaire actuel ». Le constat est donc édifiant.
Bien que l’IA semble bien partie pour bouleverser divers secteurs, il demeure une question : sera-t-elle réellement capable de concevoir des véhicules qui répondent aux attentes et aux désirs des consommateurs ? Une machine peut-elle réellement insuffler une personnalité à une automobile, de la même manière qu’un designer humain ? Ce débat demeure ouvert.
Les autres répercussions de l’IA sur le secteur automobile
Alors que le débat sur le design est en cours, l’intelligence artificielle a déjà profondément influencé l’industrie automobile. Cela inclut le développement de la conduite autonome, dont nous parlons fréquemment, mais aussi des améliorations notables dans l’expérience des conducteurs et des procédures de production.
L’automatisation des usines modifie également en profondeur le secteur. De nombreux fabricants recourent aujourd’hui à des robots pour optimiser la productivité de leurs lignes de production. Comme l’affirme McKinsey, ‘‘ ces machines remplacent les tâches manuelles répétitives par des opérations plus précises et automatisées’’.
Grâce à l’intelligence artificielle, les équipements sont désormais capables de « déceler des défauts avec une précision supérieure de 90 % par rapport aux humains. Cela concerne les anomalies de soudures, les erreurs d’assemblage ou même les défauts de finition sur des pièces peintes, garantissant ainsi un niveau d’excellence dans la production ».
BMW et l’intelligence artificielle
Certaines marques, comme BMW et Tesla, n’ont même plus besoin de personnel de conduite dans leurs usines. Milan Nedeljković, responsable de la production chez BMW, a déclaré que ‘‘ l’automatisation de la conduite en usine améliore notre processus de fabrication et engendre des gains d’efficacité pour notre logistique’’.
Le constructeur allemand cherche également à peaufiner la production des batteries grâce à l’IA. Il collabore avec l’Université de Zagreb pour développer des modèles d’IA qui permettront de ‘‘ prédire comment optimiser les méthodes de production’’. L’objectif ici est d’améliorer à la fois la performance et la qualité des batteries produites.
Des systèmes d’IA pour une recharge optimisée ?
Au sein des États-Unis, ChargePoint a développé un ‘ outil de soutien au conducteur soutenu par l’IA pour améliorer considérablement le diagnostic et la réparation des stations de recharge sur le terrain’. L’idée est simple : réduire le besoin d’inspections physiques tout en faisant gagner du temps au processus de résolution des problèmes.
Rick Wilmer, PDG de ChargePoint, confie que ‘‘ grâce à cette technologique capable de détecter les problèmes matériels, nous allons pouvoir prioriser et résoudre les défaillances qui ne peuvent être identifiées via la surveillance à distance, ce qui permet de rendre le réseau plus fiable’’.
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