La vignette automobile, supprimée en 2001, pourrait retrouver une place en France. C’est en tout cas ce qu’avance l’Institut mobilités et transitions (IMT), un organisme qui se penche sur les enjeux de décarbonation dans le secteur des transports et qui vient de publier un rapport à ce sujet.
Les spécialistes évoquent le terme de « redevance annuelle véhicule ». Cette nouvelle imposition deviendrait essentielle face à la quasi-disparition des revenus liés aux carburants, résultant de la transition vers les automobiles électriques.
Actuellement, comme le souligne RMC Conso, la fiscalité automobile génère environ 67,5 milliards d’euros chaque année (y compris les recettes provenant des carburants, des frais d’immatriculation et des taxes sur les achats de véhicules). Toutefois, cet apport représente seulement 4,6 % des recettes totales, en baisse par rapport aux 5,6 % enregistrés en 2019, et devrait continuer à diminuer.
Pour garantir le financement des infrastructures de transport, l’idée d’introduire une nouvelle redevance apparaît donc comme une option envisageable, selon le rapport. Néanmoins, son fonctionnement diffèrerait de la vignette automobile classique que beaucoup ont connue.
Il ne s’agirait plus d’afficher un autocollant sur son pare-brise ; la gestion de cette redevance se ferait électroniquement, en utilisant le numéro d’immatriculation du véhicule. Une approche similaire à celle déjà mise en œuvre pour la vignette d’assurance depuis plusieurs années.
Par ailleurs, l’IMT propose que le montant de cette redevance soit déterminé en tenant compte non seulement des revenus des foyers, mais également du nombre et de la nature (électrique ou thermique, fabriqués ou non en Europe) des véhicules possédés. Ainsi, le montant pourrait varier considérablement selon les profils, oscillant entre 30 et 910 euros.
Une vignette électronique en Belgique
Selon RMC Conso, il est important de préciser qu’il ne s’agit encore que d’une proposition qui n’est pas imminente. Le but pourrait être de nourrir les réflexions des candidats aux prochaines élections présidentielles prévues pour l’année prochaine.
En Belgique, à partir de 2027, il sera nécessaire d’enregistrer sa plaque d’immatriculation sur une plateforme numérique et de régler une contribution annuelle variant de 90 à 125 euros, selon les émissions polluantes du véhicule.
Un tarif quotidien sera également en vigueur, ce qui est susceptible d’intéresser les automobilistes français. Ce tarif pourrait s’établir entre 8,10 et 11,25 euros, avec la possibilité d’un ajustement. Un touriste lillois a déjà exprimé ses réserves à ce sujet :
« Les vignettes quotidiennes à 10 euros, je trouve ça un peu excessif au regard de l’état des routes. Et en Belgique, il faut aussi prendre en compte que pratiquement tous les parkings sont payants, ce qui alourdit encore les coûts, donc j’ai un avis partagé. »
Pour en savoir plus sur cette initiative, consultez notre article précédent ici.
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