Les modifications apportées aux règles d’accès au marché américain pourraient bouleverser l’ensemble de l’industrie automobile. Lors d’une réunion avec ses employés le 30 juillet dernier, Jim Farley, PDG de Ford, a alerté son équipe sur les changements significatifs à prévoir au cours de la prochaine décennie.
Au cours d’une séance publique avec ses équipes, Jim Farley a tiré la sonnette d’alarme. D’ici les cinq à dix prochaines années, il s’attend à une montée en puissance de la concurrence chinoise sur le marché américain, malgré les protections en place. Ford, qui parvient encore à maintenir sa position grâce à l’interdiction des logiciels chinois et à des tarifs douaniers élevés, devra faire face à un véritable défi.
Récemment, Ford a scellé un accord avec Geely, un géant chinois. Farley devra clarifier cette collaboration avec ses employés, même s’il estime qu’il est « plus probable » que l’entrée de ces nouvelles marques aux États-Unis soit plus proche de l’horizon de dix ans plutôt que cinq ans. Pour lui, il est impératif de « confronter la Chine sans tarder », affirmant qu’il est impossible de les maintenir à l’écart indéfiniment, comme il l’a confié à Axios.
La Chine à la porte des États-Unis
Ford a déjà signalé le changement imminent dans la concurrence sur le sol américain. Néanmoins, aucune indication précise n’avait été donnée quant à un calendrier, ce qui renforce les inquiétudes concernant cette évolution. La fin de l’ère Trump, avec ses politiques protectionnistes, joue assurément un rôle dans cette dynamique, alors que le président précédent cherchait à contrer l’influence chinoise.
En Europe, la présence chinoise ne cesse de croître et affecte déjà les performances de Ford. Des marques comme BYD ont connu une croissance explosive, enregistrant plus de 99 000 ventes au cours des cinq premiers mois en Europe. En mai 2026, les véhicules chinois représentaient 10,5 % des ventes sur le marché européen, en hausse constante depuis les 6 % en début d’année et les 3 à 4 % l’année précédente. Geely, le partenaire de Ford, a même égalé les performances des ventes de l’américain au cours du premier trimestre 2026.
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Alors que la Chine imprègne déjà le marché européen et se prépare à pénétrer celui des États-Unis, Farley a voulu adopter une posture à la fois défensive et offensive. « Il nous faut les battre sur leur propre terrain », a-t-il déclaré à Axios. Cela laisse supposer que Ford pourrait envisager de renforcer sa présence en Chine, grâce à son partenariat avec Geely. Actuellement, les résultats sont préoccupants: les ventes sont en déclin, avec Changan Ford vendant moins de 100 000 unités là où la coentreprise enregistrait plus de 200 000 ventes auparavant.
En marge des routes, une confrontation entre BYD et Ford pourrait se préparer sur les circuits de Formule 1. Après 22 ans d’absence, Ford envisage un retour sur la scène, tandis que son rival chinois pourrait participer en tant qu’invité de la FIA. Bien que la marque ait indiqué qu’aucun projet concret ne soit immédiat, elle a exprimé son intérêt pour une telle initiative, à condition que les règlements évoluent et qu’une « logique technologique » soit définie.
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