Visite de la première usine Yamaha française pour moteurs de vélos électriques

Image de l'usine Yamaha à Saint-Quentin dédiée à la production de moteurs pour vélos électriques

Une portion de l’imposante usine Yamaha située à Saint-Quentin. (©Cleanrider/M. Lauraux)

Yamaha, après avoir entamé la fabrication de vélos à assistance électrique, a également ouvert une ligne de production de moteurs pour ces vélos dans son usine de Saint-Quentin. Nous avons eu le privilège de visiter ce vaste centre, installé sur l’ancien site de MBK.

Yamaha et la France entretiennent une relation historique qui n’est pas très connue. En effet, le groupe japonais avait pris le contrôle de MBK, autrement dit Motobécane, dés 1986, avant de devenir son propriétaire à part entière en 2000. Avec une production dépassant 80 000 motos et scooters par an, l’usine de Saint-Quentin (dans l’Aisne) a entamé sa diversification en se tournant vers les vélos électriques en 2023.

 15 000 vélos électriques de la marque, y compris les modèles Crosscore RC et Booster, ont déjà été assemblés et examinés dans cet endroit sans faire de bruit. Plus significativement, le 4 mars 2024, le site YMME (Yamaha Motor Manufacturing Europe) a inauguré une unité dédiée à la production de moteurs pour vélos à assistance électrique. Pour le moment, c’est le modèle PW-S2 qui y est fabriqué. La mise en place de ce site de production a nécessité un investissement de 4 millions d’euros et une contribution publique de 534 000 € de la région Hauts-de-France. Nous avons eu l’opportunité d’explorer ce lieu lors de son inauguration officielle, en compagnie de journalistes et de représentants politiques locaux.

Comment s’effectue l’assemblage des moteurs Yamaha en France ?

Pour commencer, il faut préciser que la marque japonaise n’effectue pas vraiment la fabrication sur place de ses moteurs électriques, mais plutôt leur assemblage. En fait, l’usine de Saint-Quentin reçoit directement du Japon les pièces détachées. Ces dernières arrivent ensuite dans la zone de déballage de l’unité moteurs électriques du site français.

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Par la suite, ces éléments sont acheminés vers la ligne de préparation pour sous-ensembles (qui sont des petits groupes de composants déjà assemblés) en utilisant un système de rail dynamique. Bien que la production soit principalement manuelle et que les travailleurs assurent le déplacement des moteurs ou l’utilisation d’écrans pour accompagner la production, la polyvalence des employés est mise en avant. Ceux-ci sont en effet capables d’exécuter toutes les tâches, pour limiter les répétitions et garantir une flexibilité en cas d’absence ou de congé. Les travailleurs intègrent, assurent la fixation, vissent ou graissent environ 60 composants présents dans le moteur Yamaha PW-S2.

Le modèle PW-S2 est le seul issu de la famille – qui comprend également le PW-C2, PW-ST, PW-X3 et PW-XM – à être fabriqué sur le site de YMME. Il est différent de la “ligne jumelle” au Japon capable d’assembler les différents modèles. Cette ligne a servi de base et de formation pour la création de la ligne française, ce qui donne à cette dernière un aspect très “clinique” et méthodique. Une troisième ligne existe également à Taïwan.

Un ensemble de tests rigoureux

Au cours de l’assemblage, le moteur doit être démagnétisé – notamment à cause du capteur de couple – pour fonctionner correctement et subir une série de tests. Ensuite, des machines spéciales effectuent le contrôle qualité, avec une imagerie de haute résolution capable de détecter le moindre défaut. Les moteurs passent alors au banc d’inspection pour une calibration et une vérification de leurs performances.

Ce processus rigoureux est le fruit de l’expérience accumulée par Yamaha dans la production de moteurs pour motos et scooters. Au total, l’assemblage et ses contrôles prennent environ vingt minutes, selon le responsable de production de YMME.

Expédition vers plusieurs clients, y compris Accell et Decathlon

Une fois prêts, les moteurs sont stockés dans des caisses réutilisables et envoyés à leurs clients. Yamaha va d’ailleurs bientôt livrer la première commande, qui comprend 4 500 unités. Ces clients comprennent des noms bien connus, dont le principal était présent lors de l’inauguration : il s’agit d’Accell Group, propriétaire des marques Lapierre, Winora et Haibike. Ce dernier est un client de Yamaha depuis plus de 10 ans maintenant.

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Outre Accell Group, le fabricant japonais compte également parmi ses clients les français Decathlon, Gitane, Douze et Rebirth (Solex, Matra), l’italien Fantic, ainsi que le groupe Pierer Mobility (Husqvarna, Gas Gas et précédemment R Raymon).

Objectif : produire jusqu’à 300 000 moteurs de vélo électrique par an

À l’heure actuelle, une seule équipe de 15 personnes travaille sur la ligne d’assemblage du moteur Yamaha. Cela vient compléter un site qui emploie déjà 639 salariés et 200 travailleurs temporaires, générant plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires !

Le taux de production est d’environ 400 moteurs par jour, ce qui correspond à une capacité de production de 20 000 moteurs par an. Selon la marque, il est prévu d’augmenter cette capacité jusqu’à 100 000 moteurs. Cependant, pourquoi l’espace dédié au vélo est-il encore à moitié vide ? Yamaha a pour objectif d’augmenter la masse salariale avec 3 équipes et d’atteindre la production de 300 000 moteurs par an. Le doublement des ventes à 10 millions de vélos électriques en Europe en 2030, voire 15 millions selon la CONEBI, devrait facilement justifier ces chiffres.

De plus, Yamaha vise aussi à accroître sa part de marché. En 2021, le groupe se classait en troisième position avec une part de 12% sur les vélos électriques. Il était devancé par Shimano (13%) et bien en retrait par rapport au leader Bosch (41%). Enfin, le Yamaha PW-S2 rejoint le cercle très restreint des moteurs pour vélos électriques assemblés en France, aux côtés des moteurs Cyclee de Valeo et des Virvolt 900.

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