Essai Mercedes CLE 200 (2024): Grand coupé avec un petit cœur tout mou

La Mercedes-Benz CLE s’engage à combiner les meilleurs aspects des coupés de classe C et E. Pour voir si elle parvient à tenir cette promesse, jetons un coup d’œil à l’essai de la variante la plus abordable, la 200.

La nouvelle Mercedes-Benz CLE 200 2024.
Mercedes CLE 200 (2024) : Un grand coupé au coeur pas si puissant (Essai)
Le tableau de bord est visuellement attrayant, mais les graduations irrégulières du compteur de vitesse peuvent prêter à confusion : l'espace entre 80 et 100 est le même qu'entre 100 et 140...
Le tableau de bord de la CLE conserve celui de la Classe C, qui est très plaisant à regarder. Il est dommage que sa partie inférieure, en plastique dur, soit mal assemblée...
L'écran central OLED séduit par son affichage clair et sa réactivité surprenante. C'est dommage que cette interface soit nécessaire pour ajuster la climatisation.
Les sièges arrière offrent un espace suffisant pour les jambes, mais n'accepteront que deux passagers de taille moyenne…
Ce bras en plastique permet de rapprocher la ceinture du siège avant pour une utilisation facile. Sa durabilité semble toutefois limitée.
Mercedes CLE 200 (2024) : Un grand coupé pour ceux qui cherchent moins de puissance (Essai)
Mercedes CLE 200 (2024) : Un luxe doux au coeur plus doux (Essai)
Mercedes CLE 200 (2024) : Un coupé raffiné pour ceux qui cherchent le confort plutôt que la puissance (Essai)

Vue d’ensemble
Quatre places coupé
Hybride léger
A partir de 66 300 €
Il semble que la catégorie des coupés à deux portes a considérablement diminué au cours des dix dernières années. Pourtant, Mercedes-Benz, spécialiste de ce secteur, n’abandonne pas ces modèles car ils restent populaires dans certains pays comme les États-Unis. Cependant, il est nécessaire de rationaliser l’offre en fusionnant les modèles des classes C et E dans un seul, le CLE. Cette nouvelle voiture est conçue pour fusionner le dynamisme du coupé classe C (C205) avec l’habitabilité du coupé classe E (C238). La CLE (C236), lancée l’été dernier, est basée sur la plateforme MRA II, utilisée par les nouvelles versions C et E, alors que les modèles remplacés étaient basés sur l’ancienne plateforme MRA. Cela simplifie certainement les processus de fabrication !
Concernant les moteurs, la CLE s’inspire plus de la C205 que de la C238, avec un moteur de 2,0 litres à 4 cylindres pour la version de base 200 (pour une fois, la désignation du modèle correspond à la cylindrée du véhicule). Ce petit bloc turbocompressé comprend les dernières technologies, telles que les déphaseurs d’arbres à cames, le cycle Miller et en particulier l’hybridation légère. En ajoutant à la puissance thermique de 204 ch et 320 Nm produite par ce groupe M 254, on a une addition de 23 ch et 205 Nm provenant de l’électricité, grâce à un alterno-démarreur fonctionnant à 48 volts et relié à une batterie dédiée. La puissance extra qu’il contribue est temporaire, utilisée principalement pour renforcer les reprises. Les performances du modèle de base sont largement suffisantes en France : une vitesse maximale de 240 km/h, et un 0 à 100 km/h réalisé en 7,4 secondes.
Avec sa technologie de minimisation des frottements internes, le moteur permet des valeurs de consommation très intéressantes pour une voiture de 1 790 kg : à partir de 6,4 l/100 km, avec des émissions de CO2 indiquées à 145 g/km au minimum, en cycle mixte.
Du point de vue esthétique, le CLE rappelle l’ancien coupé de classe C, particulièrement en ce qui concerne son vitrage latéral, tout en ayant un capot plus long. L’intérieur présente le tableau de bord de la Classe C actuelle, qui est très attrayant pour ceux qui aiment l’opulence. Malgré son apparence de qualité, avec ses touches d’aluminium, ses garnitures laquées noires et ses plastiques de haute qualité sur la partie supérieure, certains défauts d’assemblage sur la partie inférieure, en matériau dur, sont surprenants, notamment sous le volant.
Les clients seront probablement plus attirés par les écrans numériques, une spécialité de Mercedes qui était auparavant associée à la finition dans les années 80. Le conducteur a face à lui un combiné de 12,3 pouces en diagonale, offrant plusieurs modes d’affichage : carte, instructions de navigation, cadrans…
Cependant, Mercedes persiste avec sa décision étrange d’avoir des graduations irrégulières sur le compteur de vitesse. En effet, l’espace entre 80 et 100 km/h est le même qu’entre 100 km/h et 140 km/h. Le chiffre 120 n’est marqué que par une marque, pouvant être confondu avec 110 km/h. Une désignation à anticiper pour éviter les excès de vitesse inattendus…
Un autre écran numérique trône au centre du tableau de bord, mesurant 11,9 pouces. Il utilise le système MBUX de dernière génération de Mercedes, promettant une réactivité optimale et la possibilité d’installer de nombreuses applications. C’est impressionnant de savoir que l’on peut utiliser TikTok ou jouer à Angry Birds sur le CLE. Cependant, il serait préférable si la climatisation pouvait être réglée ailleurs que sur cet écran, aussi agréable soit-il à regarder et à utiliser.
À l’arrière de la voiture, l’espace pour les deux sièges est supérieur à celui du coupé Classe C, mais moins large que celui du coupé Classe E, malgré que le CLE soit plus long de 15 mm. L’espace pour les jambes est suffisant, mais pour la tête, c’est plus compliqué pour ceux qui mesurent plus d’1,80 m.
À l’avant, notre modèle d’essai dispose de sièges et d’un volant avec des réglages électriques. On peut facilement trouver une bonne position de conduite, même si on ne peut pas s’asseoir aussi bas que dans une BMW Série 4, et on apprécie la longueur d’assise extensible. L’assise est confortable, même si le dossier pourrait être plus moelleux, et on boucle la ceinture apportée par un délicat bras en plastique.
À l’allumage du moteur, qui ne vibre pas, il sonne néanmoins comme un diesel. Il remplit son rôle dignement, offrant des performances en accord avec les chiffres annoncés : le CLE 200 n’a pas vocation à être un véhicule sportif. Si à vitesse constante le moteur se fait oublier, il devient trop bruyant à haut régime, un phénomène amplifié par l’excellente isolation de la voiture contre les bruits extérieurs.
Quant au confort, si sur une chaussée lisse tout se passe bien, dès l’apparition des premières aspérités, la déception est au rendez-vous. La suspension peut être dure, mais les amortisseurs pilotés optionnels de notre modèle d’essai ne rendent pas la situation meilleure. En mode Confort, ils sont durs en compression et trop souples en détente. Résultat, la voiture n’absorbe pas bien les bosses, ce qui peut parfois être inconfortable pour les passagers, mais accuse ensuite des mouvements de carrosserie plutôt amples, comme une VW Passat des années 90. C’est un choix de réglage étrange. En mode Sport, l’amortissement est encore plus rude, mais au moins, la Mercedes évite tout roulis.
En outre, la direction, qui est précise, se durcit légèrement, ce qui facilite le pilotage du châssis. Dans les routes de montagne du sud de l’Espagne où a lieu l’essai, le CLE donne satisfaction. Avec ses roues arrière directrices (une option à envisager), il est très agile : on sent l’arrière aider l’avant à entrer dans le virage, mais de façon dosée. En conséquence, on enchaîne très naturellement les virages avec une légère torsion du volant. Très agréable à conduire. Si on ajoute une bonne adhérence, et une direction avant agile car le petit moteur ne la surcharge pas, on obtient une voiture efficace et sécuritaire, y compris sur sol mouillé : la pluie ne nous a pas épargnés. Dommage pour la pédale de frein, qui est molle et manque de mordant… car le CLE s’arrête très court.
En ce qui concerne la consommation, après un parcours de près de 200 km principalement en virages, la Mercedes s’est contentée de 7,7 l/100 km. Cela en utilisant les modes Confort et Sport à parts égales, mais presque pas en mode Eco. Pourquoi donc ? Parce que le système de roue libre oblige à utiliser les freins plus que nécessaire, ce qui n’est pas conseillé en montagne.

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